La Nizanerie dévoile les Nuits Invisibles : bilan des ateliers d'écriture et suite créative

News postée le 01 juin 2018

Bilan des ateliers d'écriture

Lundi 28 mai, on se réunit avec Mathieu, Jo, Christine, Jonas M, Ellen, Nicolas, Jeanne, Morgane, Jonas C, Annabelle et Philippe pour dresser un premier bilan des ateliers d'écriture avec les sans abris avant de préparer la suite du programme.

Les nuits invisibles ça a d'abord été 8 ateliers d'écriture ont eu lieu à la Halte de nuit en avril et mai après 2 temps de formation fin mars. Ils ont attiré de 0 à 15 participants, avec une moyenne de 8 participants environ. Une grosse vingtaine d'exercices de textes ont été réalisés, à ceci s'ajoute 7 séries de dessins, 4 séries de cartes.

photo atelier 1

57 personnes étaient présentes à la première réunion de formation du 16 mars pour être animateurs des ateliers collectifs d'écriture. C'est ensuite 36 personnes qui se sont inscrites en tant que co-animateurs et n'avaient pour la plupart aucune expérience d'ateliers d'écriture. Ils étaient répartis par équipes de 5, auxquelles se sont parfois associés des invités surprise.

En plus des ateliers ce fût aussi une sortie nocturne ou la démarche était d'aller vers les sans abris, des témoignages audio et des prises de vue nocturne pour un documentaire que réalisera Jonas.

L'outil d'exercices d'écriture a été un très bon moyen pour se faire rencontrer les 2 publics. Dans l'ensemble un climat serein et de confiance s'est installé, mettant à l'aise participants comme animateurs. Les discussions ont vite dérivé du cadre et du thème.

De ce fait l'ambition politique du projet de mettre à jour des manques, des besoins, des revendications, s'en est trouvée amoindrie, sans disparaître non plus. De par les choix d'exercices des animateurs se sont le plus portés dans le domaine du sensible, du poétique, ont plus fait appel à l'imaginaire qu'aux tripes. Le résultat n'en est pas moins poignant ni moins représentatif des situations vécues par les gens de la rue, ainsi que de leur diversité. L'aspect politique du projet apparaît en filigrane des textes écrits et par la posture de mise sur un pied d'égalité de tous les participants et animateurs.

Chacun exprime son ressenti sur cette expérience. Tout le monde a apprécié ce moment de rencontre. Les consignes d'écriture ont parfois mis mettre un frein aux discussions libres, voire donner un caractère artificiel pou certain, mais ont montré leur intérêt pour créer ces rencontres qui n'auraient pas eu lieu sinon. Elles ont permis, dans un climat de confiance, de se livrer, de briser des a priori, d’abattre des peurs instinctives ou des barrières psychologiques, de s'assurer de la légitimité de chacun à être, de la compétence de tous pour s'exprimer sur son environnement. Les ateliers ont offert un exutoire pour certains qui n'ont pas pour habitude d'écrire, gens de la rue comme animateurs.

Cela a pu permettre de mieux comprendre, même si on le comprendra jamais vraiment sans avoir vécu dehors, un monde et une population. On a pu par exemple prendre la mesure de l'importance de la notion de respect entre les gens de la rue, l’autorité dont ils font preuve lorsque le respect manque pour en revenir à des rapports horizontaux. Et même si les conflits entre eux sont nombreux, il y a une capacité à passer à autre chose, sans oublier pour autant.

Tout n'a pas été simple mais tout ce qui s'est passé est presque 100 % positif.

img laisse tomber la neige

C'est pas fini ! Suite aux ateliers, montrons-nous !

L'intérêt premier des ateliers était la rencontre, l'inter-connaissance. Maintenant attelons-nous à la suite, aux traces visibles à créer pour que ces habitants prennent leur place en ville. 2 moyens prévu pour cela, l'édition avec A la criée et la retranscription dans l'espace public avec le collectif Fil. En parallèle Jonas M finit de préparer son documentaire de 15 minutes sur le projet.

Il est choisi de continuer de se réunir à la Halte de nuit pour préparer ces nouvelles productions afin de continuer à associer les gens de la rue qui le souhaitent.

Les discussions qui suivent servent à donner un premier cadre aux nouveaux groupes qui vont se former.

img blason

Edition

On commence par mettre en commun les intentions du projet d'édition papier.

Buts :

- donner la parole aux invisibles

- faire un objet de fierté pour les gens de la rue

- changer le regard

Que veut-on provoquer chez le lecteur ?

- l’identification aux personnes qui ont écrit

- le développement des imaginaires

- entre les lignes, au-delà de la compassion, l'indignation voire l'envie de révolte

A qui cela s'adresse :

- gens de la rue

- « monsieur et madame Toutlemonde »

- assos d'assistance sociale (les Eaux-Vives, maraudes…)

- CCAS

> Fond :

Avec l'ensemble des productions, il y a matière pour qu’il y ait de la poésie, de l’imaginaire autour de la nuit, du sensible. L'aspect politique a moins transparu, se lit en filigrane.

Il apparaît difficile de trouver un fil rouge pour faire récit, une piste que le comité d'édition pourra essayer d'emprunter tout de même s'il le souhaite. Au vu de la diversité des textes, dessins et cartes, il semble plus naturel de présenter cette diversité avec une ensemble de textes qui peuvent se lire indépendamment.

Il faudrait ajouter à ces textes une retranscription de ce que ça a pu provoquer chez les personnes qui ont animé les ateliers. Un ou des volontaires peuvent se désigner par mail.

Ajouter aussi une préface/édito qui présente le projet, ainsi que la liste des personnes qui y ont contribué en fin.

Le comité devra aussi se poser la question de savoir si on veut que le lecteur sache qui parle ou pas (en laissant les signatures si elles ont été faites, animateur ou sans abri ? Et donc se poser la question de la correction de l’orthographe ou non.

Il y a l'envie de réaliser une carte qui amalgame toutes celles qui ont été faites. Sur laquelle on pourrait rajouter des bouts de textes qui matérialisent les rues par exemple.

> Forme :

Le groupe est séduit par l'idée d'un format type carte IGN, qui peut se replier de différentes manières, servir d'affiche sur une face, se tendre dans l'espace public.

Le verso pourrait servir de support à la carte. A la manière du magazine des autres possibles et des lettres au capitaine d'à la criée.

Sur ce principe on pourrait réfléchir à ce que des textes mis côte à côte dans un certain pliage prennent un autre sens en se répondant.

Idée sur certaines faces d'avoir des bulles blanches de BD sur fond noir avec les paroles des gens, avec les phrases fortes.

Garder des dessins

Penser un support qui résiste à l'eau, comme certaines cartes IGN. A voir en fonction du surcoût.

Organisation :

- objectif de sortie des presses mi-septembre donc d'avoir la maquette finale tout début septembre.

- rdv à la halte de Nuit 18h-20h et plus si besoin, les mardis 12 juin, 26 juin, 10 juillet et 24 juillet. Dans le bureau de la Halte où sont rangés les textes.

- Il n'est pas obligatoire de participer à tous ces temps. Pour assurer le lien avec les nouveaux, penser à utiliser le journal de bord.

- sans abris bienvenus à participer à ces réunions

- Mathieu imprime bout à bout tous les textes retranscrits sur ordinateur, pour le rdv du 12 juin.

- la majeure partie du travail va constituer en des lectures des textes, du tri thématique, de la sélection, de l'interprétation, de la recherche du lien entre les textes et de la diversité entre les formes d'écriture et graphiques.

- la phase technique de l'édition (maquettage, graphique) nécessitera des discussions avec Frédéric Barbe pour comprendre et s'organiser en conséquence

- Un comité d'édition de 6-7 personnes au moins serait idéal. Déjà intéressés : Jo, Ellen, Morgane, Philippe, Frédéric. Avis aux amateurs !

sarah Ross archisuit

Retranscription plastique et poétique dans l'espace public

Intention :

- laisser une trace visible dans l'espace public de ces populations invisibles, basée sur leurs textes et sur une interprétation spatiale

- choisir un parcours dans le quartier

- avoir des propositions légères durables à-même le sol et les murs et des propositions scénographiques éphémères

- continuer d'associer les gens de la rue à l'élaboration et la réalisation

- un temps fort de présentation/vernissage le vendredi 20 juillet

Planning d'organisation :

- des rendez-vous à la Halte de nuit les lundis 18h30-20h30 au bureau de la Halte de nuit. Des ordinateurs portables peuvent être bienvenus (le besoin doit être d'en avoir 2)

11, 18 et 25 juin : brainstorming / choix du parcours / conception des plans / spatialisation / préparation

- pique-nique de présentation début juillet pour annoncer et inviter au chantier

- chantiers participatifs à la Halle Bergeron de la conciergerie en fin de journée / nocturne tous les jours du lundi 16 au jeudi 19 juillet.

- ballade urbaine nocturne le vendredi 20 juillet 22H-00h avec présentation du parcours, projection de documentaires et débats, lectures de textes.

idées et envies :

- détourner la ligne verte pour le parcours, par une autre couleur ou par des traces de pas

- réaliser les blasons en bois pyrogravés. Les fixer aux murs

- mettre en lumière des abris potentiels mais qui ne le sont pas, le temps de la balade

- jouer avec l’ombre et la lumière

- ne pas oublier l’aspect peinture au pochoir ou à la bombe simple de phrases dans l’espace public

- diffuser des témoignages enregistrés par Jonas dans l’espace public (aller chercher de l’inspiration du côté de Echelle Inconnue à Rouen, de Court en Bar sur Nantes) ou dans une cabane/kiosque incluant des casques audio pour écouter

- imaginer la diffusion de son qui se déclenche sans qu’on l'ait cherché (par exemple un déclencheur sur le trottoir un peu camouflé)

Connection