La Nizanerie dévoile les nuits invisibles (avec vous!)

News postée le 06 mars 2018

En tant qu’association de quartier, la Nizanerie s’intéresse à la vie de la ville et de ses usagers sous toutes ses facettes et toutes ses temporalités. Avec la proximité de la Halte de Nuit et un nombre important de sans abris s’arrêtant rue Paul Nizan ou sillonnant le quartier, la Nizanerie s’intéresse depuis longtemps aux gens de la rue et tâche toujours de les associer dans ses activités, de les légitimer comme habitants du quartier. Parce que la ville doit appartenir à ceux qui la vivent !

La Nizanerie saisit donc l’occasion du mandat citoyen du diagnostic des vulnérabilités la nuit du CCAS pour continuer à creuser la question. L’idée est de s’adresser aux sans abris qui vivent la ville la nuit pour mieux comprendre les difficultés qu’ils rencontrent pour manger, dormir, avoir accès à la culture et aux loisirs, les problèmes de cohabitation avec les autres habitants et usagers, et voir dans quelle mesure ces nuits difficiles affectent les journées qui suivent pour l’accès aux droits et aux soins.

Le projet maintenant ! La Nizanerie fait tourner son réseau et associe autour d’elle une équipe de choc pour tirer le meilleur parti du mandat citoyen avec :

- l’association les Eaux-Vives (la Halte de Nuit, soutien aux sans-abris)

- le Collectif Fil (architecture, médiation, parents et parrains de la Nizanerie !)

- Frédéric Barbe et les éditions à la Criée (auteur, géographe, animateur d’écriture collective)

- Jonas Marpot (documentariste)

- Tibo Labat (architecte touche à tout, psychogéographe)

 

1ère étape : écrire ensemble (début avril à mi-mai)

Tous les mardis de 17h à 19h30 pendant 5 semaines se tiendra un atelier d’écriture collective à la Halte de Nuit. On donnera la parole et tendra le crayon aux sans abris pour parler de la ville vécue la nuit par les sans abris, qu’ils s’expriment leur usage de la ville nocturne : les récits de leurs nuits, leurs parcours, leurs ressentis, leurs galères, leurs coups de cœur aussi et en tant qu’expert usager leurs propositions pour améliorer la ville nocturne.

Là-dessus on a besoin de vous pour animer ces ateliers d’écriture ! Nul besoin de s’y connaître, c’est accessible à tout le monde ! L’idée est d’être 4 animateurs par atelier.

Frédéric Barbe formera la communauté d’animateurs le vendredi 16 mars à partir de 17h30 à la Halte de Nuit (6 square Hercé). Si ces questions vous intéressent, un petit message sur notre page facebook ou par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

2ème étape : transcrire (mi-mai à fin juin)

A partir de toute la matière recueillie on réfléchit durant cette période à quelles formes lui donner : grande carte subjective, carnets de récits de nuit et de propositions manifestes, supports audio et vidéo, représentations graphiques dans l’espace public, scénographie, balade urbaine.

article nuits invisibles image carte subjective

exemple de carte subjective. Par Catherine Jourdan

 

En parallèle, un premier rendu est finalisé pour les temps de réunion institutionnels de début juin pour des propositions concrètes à faire au conseil de la nuit le 27 juin.

 

3ème étape : révéler (une semaine en juillet)

Il s’agit de rendre visible dans l’espace public ces populations invisibilisées par l’urbanisme. On se donne une semaine pour réaliser en atelier et dans la rue avec toutes les bonnes volontés les transcriptions imaginées, peintures, panneaux et mobiliers ! Cette semaine se conclura par une ballade urbaine nocturne d’inauguration au sein du quartier des Ponts. Ce sera également le moment pour présenter la carte nocturne du quartier et les autres formes d’édition qui découleront du projet.

Si ça vous intéresse de prendre au part à ce projet, la porte est ouverte, contactez-nous. Et parlez-en autour de vous !

Articles nuits invisibles photo de couverture

Avant de vous laisser, un petit aperçu poètique :

« À l’heure où le soleil va se cacher dans l’embouchure de la Loire, je rejoins José et Joséphine pour la balade nocturne proposée par un collectif de l’Île de Nantes.

Le thème de ce soir est atypique : Marges et Genres, comment porter la voix des mondes de la nuit ? Comment rendre visible ceux que la nuit rend invisible ?

Rendez-vous à la Nizanerie, lieu de rencontre décalé non loin de Vincent Gâche. Là, T. nous accueille et sera notre guide pour la soirée. Il présente aussi M., K. et B., qui ont participé à des ateliers d’écriture pendant le printemps. Ce sont eux qui sont, entre autres, à l’origine des créations que nous allons découvrir.

Au fil des œuvres, nous découvrons à travers notre guide d’une nuit ; un sonnet écrit en lettres capitales sur un mur sans fin, une mise en lumière d’une entrée de garage, des points de vue permettant de distinguer mille détails qui nous échappent le jour... T. nous amène à travers les mots et les murs à nous questionner sur l’invisible de la nuit.

Qui songe, lorsqu’il s’enivre ou s’endort, à celles qui travaillent dans le froid, à ceux qui luttent pour une place à l’abri, qui s’acharnent à faire tenir la fierté de chacun.e jusqu’au lever du jour ?

Dans la rue, nos vies se croisent souvent sans jamais se connaître. Mais il m’est apparu que certaines d’entre elles ont plus de coffre pour se faire entendre.

Alors, lorsque l’on entend des chuchotements dissonants, on fantasme, on devise à l’emporte-pièce sur des situations que bien souvent nous ignorons.

Cette balade est un porte-voix. Un cri dans la nuit qui clame haut et fort ; nous existons au moins autant que vous, et avec davantage de poésie s’il le faut. Quelque peu ébaubis par cette dérive dans la nuit, nous quittons cette bande de chaleureux allumés pour aller rêver sous d’autres cieux. »


Référent(s) pour l'évènement



Mathieu

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